Le financement des entreprises par les associés retrouve une place centrale dans les stratégies patrimoniales. Pour l’année civile 2025, le taux maximal d’intérêts déductibles servis aux comptes courants d’associés est désormais officiellement fixé à 4,55 %, selon l’avis publié au Journal officiel le 7 janvier 2026.
Cette actualisation, fondée sur les taux effectifs moyens pratiqués par les établissements de crédit, confirme le retour en grâce du compte courant d’associé (CCA) comme outil de financement souple, fiscalement encadré mais efficace, dans un contexte de crédit bancaire plus sélectif.
Un mécanisme fiscal strictement encadré, mais bien connu des praticiens
Le principe est désormais bien établi : les intérêts servis aux associés ou actionnaires au titre des sommes mises à disposition de leur société, au-delà de leur participation au capital, sont déductibles du résultat imposable, à condition de ne pas excéder un taux plafond.
Ce taux correspond à la moyenne des taux effectifs moyens appliqués par les établissements de crédit pour des prêts à taux variable aux entreprises, d’une durée initiale supérieure à deux ans.
Pour le quatrième trimestre 2025, ce taux s’établissait à 4,30 %, selon la publication officielle du Journal officiel du 24 décembre. En agrégeant les quatre trimestres de l’année (4,92 %, 4,60 %, 4,36 % et 4,30 %), l’administration fiscale fixe donc un taux moyen annuel de 4,55 % pour les exercices clos au 31 décembre 2025.
Quels exercices sont concernés ?
Pour les entreprises dont l’exercice coïncide avec l’année civile, le cadre est limpide : le taux maximal déductible est de 4,55 %. Mais la publication apporte également une visibilité bienvenue pour celles qui clôtureront leur exercice entre le 31 décembre 2025 et le 30 mars 2026. Pour un exercice de douze mois, les plafonds applicables sont les suivants :
• Exercices clos du 31 décembre 2025 au 30 janvier 2026 : 4,55 %
• Exercices clos du 31 janvier au 27 février 2026 : 4,49 %
• Exercices clos du 28 février au 30 mars 2026 : 4,44 %
Une information précieuse pour les directions financières et les associés, qui peuvent dès à présent calibrer la rémunération de leurs avances sans attendre la clôture définitive de l’exercice.
Un outil patrimonial à reconsidérer en période de taux élevés
Sur le plan patrimonial, cette mise à jour confirme le regain d’intérêt du compte courant d’associé. Avec un taux plafond supérieur à 4,5 %, le CCA redevient compétitif face à d’autres placements de trésorerie, tout en permettant à l’entreprise de limiter son recours à l’endettement bancaire.
Pour l’associé prêteur, il constitue un outil de rémunération intermédiaire : moins risqué qu’une augmentation de capital, plus flexible qu’un emprunt classique, mais nécessitant une attention particulière à la fiscalité personnelle des intérêts perçus.
Pour la société, l’avantage est double : renforcer sa trésorerie et déduire fiscalement une charge financière clairement encadrée, à condition de respecter strictement le taux maximal autorisé.
Cette attractivité retrouvée ne doit toutefois pas masquer les points de vigilance. Le dépassement du taux plafond entraîne une réintégration fiscale des intérêts excédentaires, avec un risque de redressement. Par ailleurs, les comptes courants d’associés restent juridiquement exigibles, sauf convention contraire, ce qui impose une gestion prudente de la liquidité.
Dans un environnement économique incertain, le compte courant d’associé s’affirme ainsi comme un outil de financement patrimonial de court et moyen terme, à condition d’être intégré dans une stratégie globale cohérente.
Au-delà du chiffre de 4,55 %, cette publication illustre un mouvement plus large : la normalisation des taux a redonné de la valeur aux instruments de financement autrefois marginalisés. Pour les dirigeants, les associés et les investisseurs, le compte courant d’associé redevient une variable stratégique, à la croisée de la fiscalité, de la trésorerie et de la gestion patrimoniale.
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